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Instant Poésie #7 :


Bien le bonjour, les ami(e)s



Voici venu le temps des rires et des chants des poèmes :D


Je me dois de vous rappeler que ce rendez-vous a été crée par ReadLookHear et qu'il consiste simplement à parler de poésie ;)



Aujourd'hui, nous allons parler d'un auteur très connu, mais dont nous n'avons pas encore eu l'honneur d'afficher sur le blog.
Et le thème de ce poème va faire plaisir à de nombreuses personnes puisque nous allons parler de ......
Eh oui, c'est bien un chat ! 

Nous allons donc parler de Charles Baudelaire, poète français, connu pour une grande majorité pour son spleen. Et c'est d'ailleurs dans son œuvre la plus connue que j'ai trouvée ce sympathique poème. Ce recueil est l'un des plus connues et aussi l'un des plus sulfureux. Il s'agit des Fleurs du Mal.
En effet, dés sa parution, il a valu à Baudelaire une forte amende ainsi que l'obligation de retirer 4 de ses poèmes. Lui, qui avait conçu  ce recueil de manière inédite, en faisant de sorte que chaque poème se suive et que l'ensemble ait un fil rouge? voit son œuvre défaite. Il va aller jusqu'à envoyer une lettre à l'impératrice Eugénie, mais rien n'y fait.

Il va alors céder ses droits à son Éditeur, Auguste Poulet-Malassis qui publiera cette œuvre deux fois sous différents noms et avec des agencements intérieurs différents. De sorte qu'il existe aujourd'hui 4 versions différentes de ce livre, la dernière ayant été réalisé dans une version post-Mortem par ses amis.

Je rajouterai juste que pour cette fois, il n'y aura pas d'images car le poème se suffit à lui-même. 
Mais trêve de bavardage, voici la bête ! 




I

Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !

II

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

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